Paulo Coelho - Véronika décide de mourir (Veronika decide morrer)

Publié le par Zoldickun

Ça fait un moment que je dois créer un rubrique littérature juste pour parler de ce bouquin et donc bah voilà... c'est fait...



Publié dix ans après L'alchimiste, Véronika décide de mourir est le onzième livre de l'écrivain brésilien Paulo Coelho. S'inspirant de son vécu (il a été interné trois fois) pour décrire les institutions psychiatriques, Paulo Coelho nous plonge avec cette œuvre dans l'univers de la folie et nous amène à réfléchir à la fois sur ce thème mais aussi sur le sens de la vie.



Petit résumé (je n'avais pas fait ça depuis ma dernière fiche de lecture au collège xD donc ça vaut ce que ça vaut [cf. ce que je dirai sur le sujet quand je présenterai la catégorie Littérature) {ici}]) {Attention au spoil pour ceux qui comptent lire le livre, je sais que ça peut en déranger certains} :

Véronika, jeune Slovène de 24 ans, a tout pour être heureuse. Elle est jeune, jolie, aimée par sa famille et ses amies et a un boulot qui ne lui déplait pas. Mais Véronika s'ennuit dans cette vie monotone et le 21 Novembre 1997 elle choisit de mourir. Ce n'est même pas parce que sa vie la rend malheureuse, c'est juste qu'elle ne trouve aucun sens à lui donner et qu'elle est curieuse de la mort. Elle s'empare alors des quatre boîtes de somnifères qu'elle avait soigneusement rassemblées et elle avale le tout.

Mais Véronika ne mourut pas... Et elle se réveilla à l'hôpital psychiatrique de Villete au milieu des fous (vrais ou faux).
Sauvée ? Non... car Véronika apprend que suite à sa tentative de suicide, son cœur va très mal et qu'il ne lui reste plus qu'une semaine maximum à vivre. Mais Véronika ne veut pas mourir...



Qu'est-ce qui me fait tant apprécier ce livre ?

Déjà, c'est un bouquin court (moins de 300 pages) bien écrit (forcément c'est de Paulo Coelho avec une histoire bien construite (même si la trame a du mal à se mettre en place) et intéressant et qui donc se lit rapidement et plutôt facilement.

Ensuite, on retrouve là-dedans l'aspect philosophique commun à beaucoup d'œuvres de Coelho avec de profondes réflexions sur la spiritualité. À ce titre Véronika décide de mourir n'est sans doute pas le bouquin que je recommenderai à quelqu'un qui veut simplement se distraire en se reposant sur la plage pendant les vacances. Non, c'est plutôt un bouquin qui est sensé faire réfléchir un minimum. Réfléchir sur qui l'on est, sur ce que l'on désire dans la vie, la manière de l'entreprendre... Réfléchir sur la notion de folie (et de normalité), sur la vie (et la mort), ...
Alors certes le côté moralisateur de Coelho peut parfois être un peu lourd et, évidemment, tout n'est traité qu'en surface. En clair (façon de parler), il n'y a pas forcément grand chose de très innovateur au niveau des thématiques développées et il ne faut pas forcément s'attendre à trouver beaucoup de réponses. Des questions surtout, beaucoup de questions (et de jolies citations du style "
Nous sommes tous fous d'une façon ou d'une autre."). Faire réfléchir quoi... C'est ça que j'ai aimé et je n'aurais d'ailleurs peut-être pas apprécié une œuvre (sur le même thème) plus approfondie. C'est relativement simple mais ça amène à une vraie réflexion personnelle si on arrive à être touché par le texte (ce qui fut mon cas).

Ce qui m'a le plus marqué pour ma part, sans grande surprise, c'est la description de la folie qui est faite dans ce livre. J'ai ainsi toujours répété à droite à gauche que la normalité n'existait pas ou du moins qu'elle était propre à chacun et que l'on définissait forcément inconsciemment la normalité par rapport à ce que l'on était ou ce que l'on voyait autour de nous. Dans Véronika il est dit (très justement) ceci : "La normalité n'est qu'une question de consensus. Autrement dit, si la plupart des gens pensent qu'une chose est juste, elle devient juste." et l'exemple de la cravate (faut lire le livre un peu aussi, c'est ça le but de l'article :p) est vraiment un exemple marquant et fort bien trouvé. L'analyse faite par le psychiatre dans le bouquin au sujet du détachement de la cravate le soir est également quelque chose de très intéressant. Peut-être pas de la grande psychologie, mais quelque chose qui parait logique et qui est moins rébarbatif que du Lacan :p
En ce qui concerne la folie en elle-même, j'aime également beaucoup la formule qui dit que l'être humain ne s'offre le luxe d'être fou que lorsque les conditions  sont favorables.


Ensuite l'autre grande thématique développée c'est le rapport mort/vie (ou inversement). Véronika s'ennuyait. Tout pour être heureuse donc, mais ça ne suffisait pas, donc elle décide de mourir. Pourquoi pas après tout... Mais Véronika se rate ! Véronika apprend à son réveil qu'il ne lui reste qu'une semaine à vivre. Véronika pourrait être satisfaite, elle va enfin pouvoir mourir... Mais Véronika ne veut plus mourir... "La conscience de la mort nous incite à vivre davantage." Il a suffit qu'elle apprenne que sa mort était imminente, qu'elle soit enfermé parmi les fous, pour qu'elle se mette à voir la vie de façon différente, pour qu'elle se mette à l'apprécier et à être heureuse de vivre.


Pour finir, pour les réfractaires qui auraient peur de lire un livre dépressif, bah...  comment dire... ok c'est très triste par moment, ça donne même parfois envie de pleurer mais... Véronika décide de mourir est, comme le titre ne l'indique aucunement, un livre plutôt optimiste, qui peut même donner beaucoup de courage. Un genre d'hymne à la vie même...
Moi, je sais que j'ai fini de le lire à une période où ça n'allait vraiment pas trop et ça m'a donné la force de ne pas baisser les bras. Toujours vivre sa vie au maximum, ne pas regretter ce que l'on a pu faire mais en tirer les conclusions qui s'imposent et s'en servir comme d'une force. Et profiter de la vie, profiter de toutes ses bonnes choses auxquelles on ne prête pas attention et les regarder d'un œil différent. Et puis... malgré les obstacles qui peuvent se dresser devant nous, on décide toujours de la direction que l'on donne à sa vie. On doit choisir entre des routes imposées mais on fait toujours un choix à un moment donné, ne serait-ce que le choix d'avancer ou de reculer.




Voilà ! Je ne saurais pas trop quoi dire de plus là-dessus. Peut-être une preuve de ma folie puisque
"la folie, [ce serait (selon le livre)] l'incapacité  de communiquer  ses idées". En tout cas c'est un livre qui m'a beaucoup marqué et que je ne peux que recommander. Je ne sais pas si c'est parce que le sujet me touchait plus mais la lecture de Véronika décide de mourir m'a apporté beaucoup plus que celle de L'alchimiste, qui reste pour tant LA grosse référence quand on parle de Coelho. Et ça ne vient même pas du fait que les idées de Coelho sur le hasard et les coïncidences avaient finit par me saouler puisque même là j'ai eu le droit à un "Rien dans ce monde n'arrive par hasard".



Je vais conclure avec mon passage préféré, joli hymne à la différence :

« - Il doit en être ainsi pour vous, soyez fous, mais comportez-vous comme des gens normaux. Courez le risque d'être différents, mais apprenez à le faire sans attirer l'attention. Concentrez-vous sur cette fleur, et laissez se manifester votre Moi véritable.
« - Qu'est-ce que le Moi véritable? demande Véronika...
« II répondit : - C'est ce que tu es, et non ce qu'on a fait de toi. »




Note : Vous pouvez télécharger ce livre (gratuitement et légalement) en français sur le site de Paulo Coelho.

Commenter cet article

Mademoiselle Swann 29/10/2008 19:04

Pour ma part, le meilleur Coelho, juste avant l'Alchimiste. Par contre j'ai fini Onze minutes récemment et j'ai été déçue, je n'ai pas retrouvé ce petit plus qui fait de Coelho un auteur à part...

laurie 05/05/2007 17:56

Je suis tombée sur ton blog par hasard (je cherchais une trad de Led Zeppelin) et j'ai navigué un peu. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je suis tombée sur la critique de ce livre. Je l'ai lu et il m'a beaucoup touchée moi aussi. L'histoire de la folie, de la normalité ça me touche, je suis une fervante militante du fait que la normalité ne soit qu'un consensus, c'est rassurant aussi quelque part.  Bref, moi non plus je ne sais pas trop faire court, alors stoppons là. Peut être que je laisserai d'autres commentaires sur ton blog !

Zoldickun 06/05/2007 03:20

Ça ne me dérange pas que ce soit long si c'est intéressant.À bientôt !

FancyMoon 09/03/2007 17:13

Bonjour et merci pour cet article!

J'ai lu "Veronika" il y a quelques années, j'avais adoré. En même temps, qui n'aime pas Paulo? ;)
Suite à la lecture de ce roman, je suis partie en voyage en Europe de l'Est notamment et j'ai pu voir de mes yeux vus l'asile qui devait être celui de Veronika, à Ljubjana...

Rulietta, je te conseille un autre Paul, anglophone celui-là : Paul Auster ;)

Zoldickun 10/03/2007 09:16

Bonjour,Il y a beaucoup de gens qui n'aiment pas Paulo Coelho :)Ça doit être sympa d'aller en Slovénie sinon. Bon je vais essaye de me retenir pour ne pas demander si tu as été voir un match de basket de l'Olimpija à Ljubljana :pÀ bientôt !

rulietta 08/03/2007 14:47

je n'ai lu que l'alchimiste pr le moment et bien sur en anglais!! mais j'ai vraiment adore... j'ai bien l'intention de continuer a lire ses bouquins en anglais bien sur... si je parlais portugais je le ferais en portugais mais bon...c'est pas la cas... en tous cas c'est super simple et bien construit...

Zoldickun 09/03/2007 06:42

Salut l'exilée !Bonne lecture anglophone alors. Tu pourrais lire des écrivains anglais ou américains quand même tant qu'à faire :p

jane 07/03/2007 17:05

Super cet article.Du coup je vais lire le bouquin, bien que le seul livre que j'aie lu de Coelho ne m'ait pas emballée. A+

Zoldickun 09/03/2007 06:39

Ah bah je ne sais pas si celui-là te plaira du coup. Mais bon... ça se lit vite de toute façon. Tiens-moi au courant si tu le lis.À plousse !