René Char - Allégeance [Tiré de Éloge d'une soupçonnée]
Allez ! Un peu de poésie avant de dormir et je vous en fait profiter. Un poète moins connu que Baudelaire ou Rimbaud mais un vraiment grand poète cependant, enfin moi j'aime beaucoup la poésie de René Char en tout cas.
Vous me direz ce que vous pensez de celui-ci.
Il s'appelle Allégeance et est tiré du recueil Éloge d'une soupçonnée.
J'ai déjà dit ce que je pensais des poèmes sans rimes. La performance est moins "remarquable" (enfin c'est dur à expliquer, je vous renvoie à ce que j'avais dit pour le Mystique de Rimbaud) mais la poésie, ce n'est pas que des rimes non plus.
Ce texte est vraiment superbe. Bon je n'arrive plus à penser correctement alors je vais dormir :p
Bonne lecture !
Vous me direz ce que vous pensez de celui-ci.
Il s'appelle Allégeance et est tiré du recueil Éloge d'une soupçonnée.
Allégeance
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima.
Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidelité.
Il dessine l'espoir, puis, léger, l'éconduit.
Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
À son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima
Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas !
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima.
Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidelité.
Il dessine l'espoir, puis, léger, l'éconduit.
Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
À son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima
Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas !
René CHAR
J'ai déjà dit ce que je pensais des poèmes sans rimes. La performance est moins "remarquable" (enfin c'est dur à expliquer, je vous renvoie à ce que j'avais dit pour le Mystique de Rimbaud) mais la poésie, ce n'est pas que des rimes non plus.
Ce texte est vraiment superbe. Bon je n'arrive plus à penser correctement alors je vais dormir :p
Bonne lecture !
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