Amour égoïste ?

Publié le par Zoldickun

(J'ai écrit le début de cet article il y a au moins trois semaines. Là je me suis lancé pour le "finir", mais avec un gros décalage du coup. Je vais donc préciser quelle est la partie I et quelle est la partie II, les distinctions des parties n'étant donc pas forcément argumentatives mais simplement chronologiques)



Partie I

Ça fait un moment que je réfléchis à ça. Ces derniers jours, j'ai parlé avec beaucoup de monde différent de l'Amour et puis je me suis rappelé une discussion que j'avais eu avec Charlotte en Février sur msn et suite à laquelle j'avais déjà voulu écrire un article sur ma vision de l'amour (faudrait que je retrouve les logs... saleté d'ordinateur bugué !). Et puis, je me suis rappelé ma rupture avec Sarah, évidemment, et des choses que j'avais réussi à faire sur conseil de Ma Bisounourse (t'es passée où toi ?) et de ma mère.

Là, je ne vais pas parler de ma vision de l'amour dans son intégralité, ni chercher à trop distinguer les différentes formes d'amour (ou pseudo-amour) qui peuvent exister. Je vais essayer de me consacrer au côté égoïste de l'amour, à la jalousie, à la possessivité et puis à l'éventuelle exclusivité de l'amour un peu aussi.
Ça ne va pas être évident à écrire correctement. Le sujet est si vague, si abstrait et il n'y a aucune vérité sur la question. Juste des idées, des impressions qui diffèrent selon chacun. Je ne prétends par exemple pas savoir ce qu'est l'Amour, j'ai juste envie d'essayer de développer la vision que je peux avoir de certains de ses aspects. Je referai un article (plus général) sur le sujet plus tard. Cet article-ci sera un genre de brouillon définitif. Brouillon car je vais surtout me baser sur des exemples personnels et que ça risque de partir un peu dans tous les sens, mais définitif car je ne le modifierai pas une fois publié. J'en écrirai d'autres sans doute, mais sans supprimer celui-ci.


Quand j'étais plus jeune (ouais ça fait bizarre de dire ça à 24 ans mais bon ;)) j'ai été durant un moment ultra jaloux et possessif vis à vis d'une personne que je pensais aimer. C'était mes grands débuts dans les relations sentimentales et mon manque de confiance en moi me poussait à chercher l'exclusivité. Je suis encore assez jaloux maintenant, mais beaucoup moins. Je pense donc savoir un peu ce qu'est la jalousie, ce qui la génère et en quoi elle est parfois utile mais souvent néfaste. Évidemment que la jalousie naît de l'amour, ou du moins de l'intérêt que l'on peut avoir pour une personne (ou un objet d'ailleurs). On n'est jamais jaloux concernant quelque chose qui nous intéresse nullement encore que...).... Et la jalousie peut effectivement être une preuve d'amour, mais à petite dose... À haute dose, quand la jalousie devient étouffante, malsaine je dirais même, on ne peut raisonnablement plus parler d'amour. C'est de la possessivité et l'amour ce n'est pas ça. L'amour c'est vouloir le bonheur de l'autre, le laisser libre pour qu'il s'épanouisse au mieux.

Il est naturel d'avoir des attentes vis à vis de quelqu'un qui se dit amoureux de nous, mais on ne devrait pas en avoir de quelqu'un que l'on aime. Si une fille qui prétend m'aimer passe son temps à m'exposer ses graves problèmes de santé, joue le jeu du chantage affectif à outrance, me demande de ne plus voir mes amis ni ma famille pour que je puisse être avec elle dès qu'elle le souhaite, ou m'appelle à ses pieds alors que je suis au travail ou que j'ai des choses importantes (pour moi) à gérer ou simplement alors que j'essaie d'aller mieux et qu'elle me fait aller mal, puis-je vraiment qualifier ses sentiments d'amoureux ? Je ne pense pas...
Quand la même personne, qui sait que je vais mal en ce moment et que j'essaie de me battre sur tous les plans pour m'en sortir, et qui a forcément conscience que plus je passe du temps avec elle (ou plus elle me harcèle) et plus je vais mal n'arrête pas de se plaindre, de m'appeler à l'aide alors que je ne peux rien pour elle et continue à me faire du chantage affectif odieux, puis-je vraiment croire qu'elle est amoureuse de moi ? Assurément pas, et je sais qu'elle ne m'aime pas. Je sais qu'elle ne m'a sans doute jamais aimé et ce sans douter de sa sincérité vis à vis de moi. Elle pensait (pense encore) m'aimer, mais ne sait pas ce qu'est l'amour. Du moins c'est comme ça que je vois les choses.
Pour finir avec l'exemple de cette personne, elle m'a dit, pour me reprocher à moi d'être égoiste (ce qui était assez hors sujet vu que je ne l'aime pas, mais bon, ses contradictions ne sont pas le sujet du présent article) : "Mais concernant L'Amour , je  ne partage pas, et je donne tout, quitte à crever. En amour, on a des instants heureux, et des instants difficiles. Ne crois tu pas que c'est ca l'Amour véritable, être capable de donner sa vie à l'autre ?"
Je reprends ça car c'est très intéressant pour mon argumentation je trouve (je l'avais dit que ce serait très brouillon). Tout donner en amour, ça oui c'est quelque chose d'à priori normal mais pas quitte à en crever. De toute façon c'est le genre de choses faciles à dire pour faire joli mais très dur à mettre en application (la preuve, la personne prétend m'aimer mais n'est pas prête à cela pour moi alors que c'est elle-même qui en parle). Mourir pour quelqu'un que l'on aime d'accord mais pas n'importe comment. C'est sûr que si une voiture risque de renverser une personne que j'aime vraiment au sens le plus noble du terme, je risque de plonger sans réfléchir pour la sauver. Mais encore faut-il que ce soit utile... et le but c'est quand même d'éviter de mourir soi-même également. Je pense que quand on tient vraiment à quelqu'un, la première chose à faire c'est de se préserver. Essayer de rester en bonne santé, ne pas prendre de risques inutiles. Pourquoi ? Car le jour où on ira mal on ne pourra plus veiller sur la personne aimée de façon optimale. Qui plus est, si jamais la personne aimée nous apprécie en retour, alors elle risque de souffrir du fait que l'on aille mal et c'est une souffrance que l'on se doit de lui éviter au maximum. Donc à mes yeux la première chose à faire c'est de s'occuper de soi. Et ce n'est alors pas de l'égoïsme pour les raisons que je viens d'exposer.
Donner sa vie à quelqu'un, voilà quelque chose d'intéressant n'empêche. Mais il faut sans doute se détacher du sens littéral aussi. Car on peut "donner sa vie" à quelqu'un de bien des façons, sans parler de mort ni rien.



Partie II

Oui... "donner sa vie" à quelqu'un peut être vu de beaucoup de manières en fait. C'est là que j'en reviens à mon histoire passée avec Sarah. C'est elle qui m'avait quitté à l'époque (pas spécialement envie d'étaler ma vie privée désormais, mais à l'époque j'avais plus ou moins tout raconté sur ce blog déjà donc bon...) et forcément ce choix ne m'avait pas plu. Je ne voulais pas être séparé d'elle et même si ses raisons étaient compréhensibles, bah je lui avais carrément dit qu'elle faisait une erreur et je n'arrêtais pas de lui demander des explications.
Je me rappelle encore de ce que ma mère m'a dit à l'époque (merci Maman) : "Je pense qu'elle t'a vraiment aimé et elle a toujours été sincère avec toi. Si tu veux son bonheur et que le mieux à ses yeux est la séparation, alors tu ne dois pas chercher à trop la retenir. Ne lui rajoute pas de problèmes car ça ne doit pas être évident pour elle. Peut-être que c'est une erreur, ou peut-être pas, en tout cas tu dois respecter son choix." (Elle n'a pas dit ça exactement comme ça, j'aurais l'impression qu'elle s'exprime comme moi sinon. Disons que l'idée c'était ça il me semble [ça date quand même] et je l'ai retranscrite à ma façon).

Ça m'a beaucoup fait avancé ça. Tout comme une autre anecdote que je ne relaterai pas ici (je suis pas là pour raconter la vie de ma mère xD). Alors bien sûr je me sentais mal après cette rupture. J'aurais voulu ne serait-ce que la revoir. Et en même temps je savais que si je la revoyais en chair et en os, elle risquait de recraquer, mais que ça serait sans doute éphémère donc je me suis refusé à aller la voir. Je savais aussi qu'insister pour qu'elle reveuille de moi ne ferait que lui faire de la peine. Or, moi, je l'aimais et ne voulais que son bonheur, alors on est quand même resté en contact mais on évitait de parler de ça et petit à petit ça a commencé à cicatriser.

Mais en moi je gardais l'espoir de la retrouver un jour. J'avais le temps. Surtout que je pensais que le célibat lui ferait du bien. J'avais le temps car je l'aimais et voulais croire en mes chances de la retrouver éternellement dans quelques temps (années). Mais quand j'ai appris qu'elle avait de nouveau quelqu'un dans sa vie, ça m'a fait bizarre. Blessure de l'ego ! Pourquoi lui ? Qu'a-t-il de plus que moi ? Et ça a réveillé en moi un genre de jalousie malsaine.
(Relativement) rapidement, ça a passé. Et pourtant je suis quasiment sûr, avec le recul, que je l'aimais encore. Mais vraiment... pas égoïstement. Et c'est là que les discussions avec Audrey m'avaient aidé.
Sarah avait l'air de se sentir bien dans cette nouvelle relation, ça semblait l'aider à s'épanouir. J'allais faire quoi moi ? Aller lui faire des scènes et lui pourrir la vie ? En prétextant que je l'aimais ? Idioties...
Non, je suis resté présent pour elle. J'étais content qu'elle aille bien et mon but n'était pas de la posséder mais de l'aider à être heureuse. Bien sûr que j'aurais préféré être à la place de son copain. Moi, je n'allais pas forcément bien, et je me serais senti mieux avec elle. Pour moi l'idéal aurait peut-être été son retour (je laisse un peut-être car on n'est jamais sûr de rien) mais bon... je me suis raisonné. Elle était mieux avec lui. Elle pouvait le voir plus souvent, plein de trucs comme ça qui peuvent paraître accessoires mais qui sont en fait très important parfois.
Alors, par amour, je ne lui ai pas pris la tête. Ce fut dur, mais je lui ai offert ça. Je n'ai pas fui loin pour l'oublier. Je suis resté près d'elle pour si elle avait besoin de moi. Et je lui ai même donné des conseils amoureux, toujours en pensant à elle avant de penser à moi. J'aurais pu lui conseiller de quitter son copain, l'implorer de revenir (c'est ce que j'espérais au fond de moi à ce moment) mais au lieu de ça je la rassurais, je l'encourageais dans sa relation.


Pourquoi je parle de tout ça dans un article non publié dans ma vie trépidante ?
Car c'est une de mes définitions de l'amour, d'un vrai amour. Pour moi c'est exactement ça... Tout faire pour le bonheur de l'autre même si on aimerait mieux pour nous-même.



P.S. : Le cas Sarah dans la seconde partie a été choisi car je trouve que c'est le plus représentatif. Il pourrait y avoir d'autres exemples. En tout cas l'amour ce n'est pas ce que je décris dans la première partie. Personne ne pourra me faire croire ça. Amour égoïste ? Je ne sais même pas en fait. Pas amour du tout plutôt !

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B
Ne crois-tu pas que cet altruisme total vis-à-vis de l'être aimé n'est au fond pas seulement  de l'Amour mais aussi l'égocentrisme indirect ?<br /> Je m'explique: Faire ce genre de sacrifices met forcément, que l'on soit conscient de cela ou non, dans une position flatteuse pour l'égo. On se fixe sur l'effort accompli par amour, ce qui nous renvoit une image positive de nous-même, qu'on le veuille ou non. Je ne dis pas que c'est hypocritique, car je ne suis pas sur que cela soit volontaire. Mais sincérement, je crois que le fait de se poser en martyr peut aussi regonfler son estime de soi qui est complétement anéantie par une rupture amoureuse difficille et par la souffrance qu'elle engendre.<br /> Bien évidement, c'est beaucoup noble et positif que de la possessivité malsaine déguisée en Amour (et c'est un possessif malsain repenti qui est en train d'écrire ce commentaire), mais je suis absolument persuadué qu'il existe une équation universelle dans les comportements  humains qui se compose de trois éléments: la peur de souffir, la peur d'être seul, et l'omniprésence aveuglante de notre égo. <br /> Bien souvent le courage, l'abnégation, le sacrifice, le don de soi, bref ce qui compose e que tu appelle le véritable Amour est aussi une réaction insipirée d'un égo blessé confronté aux deux autres élément de l'équation: la douleur et la solitude.<br /> Enfin, ce n'est que mon avis, et désolé de faire de la spéléo sur le blog; A chaque fois j'y tombe fortuitement, et à chaque fois, j'y reste beaucoup plus longtemps que prévu.
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Z
Je sais pas... Je suis ouvert à toute analyse mais franchement je ne pense pas.Je trouve ton raisonnement très intéressant et très réfléchi (bien construit et tout) mais je ne pense pas que ça peut convenir à la situation dans laquelle j'étais.Parce que vis à vis de ce texte-là (ce serait différent pour d'autres écrits à d'autres moments) je ne sais pas vraiment si mon estime de moi était vraiment anéantie, car il y avaitpas mal de gens qui s'intéressaient à moi, que je n'étais pas vraiment abandonné de toute part. Moi je me suis ptet senti abandonné car c'est sa présence à elle que je voulais, mais je savais que d'autres personnes étaient là et à quel point ces personnes pouvaient m'apprécier.Donc dans un sens même si parfois je pouvais me sentir "seul", je n'ai jamais été vraiment confronté à cette solitude et la douleur bah... enfin je ne pense pas que tout ça soit lié à mon égo (malgré tout un peu trop imposant, ça je le reconnais fort volontier). En tout cas tout avis est bon à prendre et je vais réfléchir plus attentivement à ta vision des choses.À bientôt :)
A
Tres interessant...
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Z
Merci !
R
Je ne suis pas sure de te suivre... ta reponse juste apres ma reponse est pr mon commentaire???? je ne parle pas de detester la personne ni de la detruire......seulement du respect de soi... bug ds tes comm?
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Z
Nan pas un bug et ça faisait bien suite à ton message. Mais c'était pas en opposition au tien.C'était un complément en fait. J'ai pas dit que tu pensais le contraire.
M
On souffre d'aimer, encore plus de ne pas aimer...<br /> <br /> On souffre d'être aimer, encore plus de ne pas être aimé<br /> <br /> On souffre de s'aimer, encore plus de ne pas s'aimer.<br /> <br /> (Il me semble que c'est comme ça pour moi....)
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Z
Je sais ma puce. Normalement on finit par ne plus souffrir à un moment aussi. Enfin je sais pas.Bisous !
R
Hi! je suis assez d'accord avec le 1er commentaire... pas d'abnégation mais le respect de l'autre et aussi de soi! Aller faire une scène à qqn parce qu'il est avec qqn d'autre ou parce qu'il nous a quitté est pr moi très rabaissant... c'est aussi une question de fierté personnelle, qd je me fait quitter, je ne vais pas pleurer aux pieds du gars qui m'a fait ça!! Je me lamente, je pleure.. ok normal je suis triste mais je ne vais pas le supplier de me reprendre! Et puis s'il est avec qqn et heureux c'est encore plus inimaginable!
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Z
Oui, je comprends qu'on puisse en venir à détester quelqu'un qui ne veut pas de nous. Mais de là à chercher à le détruire, c'est quand même un peu exagéré.